La veille de la remise, je posais la question à des élèves à savoir si c’était la première fois qu’ils recevaient un diplôme. Deux m’ont répondu qu’ils avaient déjà reçu un diplôme de couture (un cours d’un an de couture qu’elles avaient suivi chez des sœurs religieuses). Je demandais alors pourquoi elles ne sont pas allées travailler en couture. Elles l’ont fait, elles commençaient à 7h, terminaient à 2h, du lundi au samedi et des fois jusqu’au dimanche lorsqu’il y avait plus de commandes. Le salaire? Entre 75 000 et 150 000 francs malgaches par mois soit, 7,50 $ à 15,00 $. On a beau évoqué les coûts moindre de la vie, mais ça demeure de l’esclavage. Elles ont quand même travaillé, mais ont été renvoyées, car il fallait faire 40 pièces à l’heure (des zippers, des poches, etc.). À force de fatigue, elles n’ont pu faire que 35 ou 37 morceaux à l’heure. Renvoyées! Et on en engage d’autres qui attendent la guillotine. Les religieuses ne disent rien et continuent à fournir de la main d’œuvre.
Il ne faut pas que ça arrive aux nôtres! L’émouvante remise de diplômes (ils ont réussi à nous faire pleurer René-Yves et moi) n’est qu’une étape. Il faut maintenant les aider à trouver un emploi digne, qui va permettre de casser ce cycle de la pauvreté. Nous avons pu bâtir quelques contacts (associations de restaurateurs, une grosse chaine alimentaire,…) qui sont prêts à nous aider (il y a déjà deux élèves qui commencent à travailler demain et 5 à 6 qui débutent au début décembre).
La deuxième étape qui commence maintenant consiste à faire le bilan de la formation (contenu et financier), établir une mécanique de suivi et d’aide financière si nécessaire, former une équipe ici qui va assurer la pérennité de CSF (Madagascar), préparer la deuxième cohorte …et monter un plan financier pour la prochaine campagne et valider notre action auprès des instances internationales.
Voilà les amis, diffusez la bonne nouvelle et ne lâchons pas, un monde juste et équitable est réalisable.
-Thémis
